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Le sultan de charme

Le sultan de charme
“Vous avez sauvé mon fils d’une mort certaine», dit le sultan.
“c’est sans importance, votre majesté”, répondit le chevalier, ébloui par les luxueux vêtements du sultan et les pièces d’argent ornant sa monture. Ii se tenait calmement à l’entrée d’un palais d’une richesse comme il n’en avait jamais vu au monde, essayant de ne pas le fixer du regard. “c’est important à mes yeux et aux yeux de mon fils que vous m’avez rendu. Quel est votre nom, sir?» “Wilfred d’essex, Votre Majesté.” “Ceux que nous honorons, moi et ma cour, ont le privilège de m’appeler haran.” Wilfred inclina la tête. Il savait qu’on venait de lui accorder un immense honneur. “je vous remercie, Votre Majesté pardon, haran.» “sir Wilfred, poursuivit haran, je vous recevrai avec tous s les honneurs dans ma demeure ce soir.” et il indiqua de la main le majestueux palais. “nous ferons un festin et vous recevrez alors votre véritable récompense.”
Sa demeure, songea Wilfred. Un palais comptant une bonne douzaine de chambres, au moins sept bâtiments en annexe, des jardins et des terres qu’on mettrait des semaines à parcourir pour les explorer et les apprécier. Ce qu’il avait fait était bien peu de chose. Il s’était promené sur les terres dans le seul but d’admirer le paysage avant de retourner dans son pays. Mais il en fut autrement. Benat, le fils de haran, avait été blessé lors d’un combat et un ennemi belliqueux menaçait de lui enfoncer son épée dans la gorge. Wilfred, attiré par ces bruits de guerriers, s’était retrouvé au milieu de cette bataille qui n’était pas la sienne. Voyant la scène, il ne pouvait laisser cet homme tuer un être blessé et sans défense. Wilfred attaqua et tua le guerrier ennemi. Qui était ce jeune homme maintenant inconscient ? Il l’ignorait, mais il le porta et l’emmena sous la tente des guérisseurs, trois kilomètres plus loin. C’est alors qu’on lui dit que ce jeune homme était le fils du sultan. Dès que le sultan fut informé des évènements, il demanda que Wilfred soit amené au palais. Wilfred souriait à belles dents. Bien sûr, il accepterait cette récompense. Il ne voulait surtout pas insulter son hôte. On le conduisit à l’intérieur où quatre jeunes femmes voilées au corps de déesse lui donnèrent un bain avant de le vêtir d’une magnifique robe de couleur pourpre et or. Ils festoyèrent pendant des heures. On lui servit une douzaine de couverts, lui offrant les mets les plus exotiques provenant des quatre coins du monde. La fête avait accueilli une centaine d’invités mais, au bout du compte, il ne restait plus que Wilfred et le sultan étendus sur d’épais coussins déposés ici et là, sur les tapis aux couleurs éclatantes. “je vais maintenant me retirer, annonça le sultan, et vous recevrez le reste s de votre récompense.” “Je ne comprends pas, haran”, dit Wilfred Il avait déjà reçu un couteau serti de pierres précieuses et une pièce de soie fine. Haran traversa lasalle pour se rendre àl’autre extrémité, sourit à peine et frappa dans ses mains. Puis, il disparut derrière une porte couverte d’un rideau.
Wilfred vit s’entrouvrir un autre rideau d’où surgirent les trois plus belles femmes qu’il lui eut été de voir. Toutes trois allaient pieds nus, la tête couverte d’un voile fin et transparent laissant deviner leur longue chevelure tombant sur leurs épaules. Chacune d’elle était vêtue d’une petite camisole échancrée et d’un pantalon assorti. La première était blonde, avait le teint pâle et portait un vêtement orange. “je suis ambre», ditelle en s’inclinant. La deuxième avait une longue chevelure noire, un teint bronzé, des yeux presque noirs et portait un vêtement de couleur lavande. “je suis lilas.” la troisième avait une peau d’ébène, des cheveux bouclés et portait un vêtement de couleur ivoire. “je suis perle.”
“Nous sommes à toi”, dirent les trois femmes à l’unisson.
Wilfred sursauta. Avaitil bien compris ? Parlaientelles sérieusement ? Ce n’était pas la coutume dans son pays. Ces femmes étaient peut-être des esclaves ? Devaitil s’objecter?
Ambre fit un pas vers lui. “ce serait une grave insulte si vous deviez nous rejeter, sir. Laisseznous vous faire plaisir.”
Après tout, nous sommes en pays étranger et je dois absolument me soumettre à leurs coutumes, songeatil. Wilfred s’installa confortablement sur les coussins. “j’ai quitté mon foyer depuis fort longtemps et je n’ai jamais rien vu d’aussi magnifique que chacune de vous.” les trois femmes s’étendirent tout près de lui, sur des coussins, pendant que Wilfred posa les lèvres sur le gobelet d’or rempli de vin. “seul un imbécile refuserait une offre aussi généreuse.”

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